samedi 23 novembre 2019

Haïkus d'automne

fin de l'été ~
le son du maïs sec froissé par le vent

                                                                                                                                                                    chahut de la houle ~
la rousseur des fougères au pied du sémaphore



bruissement soyeux sur le toit de l'appentis
~ une pluie de feuilles


matin d'automne ~
feuilles mortes du pommier sur les navets


galeries souterraines ~
des navets ne subsiste que le collet


citrouille ~
à la fenêtre éclairée un éclat de rire


carré de céleris ~
le peuplier se déshabille en tapis d'or


Perles de rosée ~
la vibration des toiles d'araignées


lune de pluie ~
dès l'aube le chant de la rainette verte


été indien ~
coccinelles vagabondes sur les panais


vent d'automne ~
un camaïeu vert et jaune tapisse l'allée


jour de Toussaint ~
la cime des arbres dans les flaques


premier novembre ~
au fond du panier les pieds de mouton


l'esquisse d'une aigrette ~
matin de brume


envol d'un moineau ~
trois feuilles rousses du chêne tombent dans l'allée












 

lundi 30 septembre 2019

Exposition Photo-Haïku et un article dans le Magazine de juillet-août-septembre 2019.

Commune de Bouvron (Loire Atlantique)
Commune de Bouvron (Loire Atlantique)


nuée d'éphémères ~
le saut d'une carpe réveille l'étang


étincelles de soleil ~
un vol d'ascalaphes sur les herbes sèches


silence de libellule ~
deux ailes de lumière au marais


sentier montagnard ~
halte contemplative devant deux zygènes


toile de l'argiope ~
une couronne de pluie sur les herbes folles


cardamines des prés ~
les premières voltiges de l'aurore


torpeur estivale ~
de longues cornes dans une fleur de courgette




mardi 24 septembre 2019

Racines

voie romaine ~
entre les amas rocheux le chemin des racines

Mon haïku fait partie d'une sélection commentée par Delphine Eissen, sur le thème "Racines"

"Virage à 180° : nous ne sommes plus dans l'éphémère, mais dans l'extrême durabilité, celle des anciennes voies romaines. Incroyable, quand on y pense, qu'elles aient survécu à tous ces siècles, les intempéries, les guerres, les inondations etc. Cela dit, elles aussi, malgré tout, se font grignoter par le temps qui passe et les racines qui poussent. Très jolie opposition entre la dureté des pierres qui traverse les siècles et l'avancée inexorable des racines. Un chemin de pierre construits par l'homme peu à peu remplacé par un chemin de bois, fabriqué par Dame Nature. Belle perspective."





mercredi 21 août 2019

Anthologie Vol. 5


150 haijins du monde se rassemblent

juste après la pluie
à bicyclette mon ombre sur le talus

une à une les feuilles du chêne s'envolent
un pas de plus dans le temps

rosée du matin
sur le vieux muret un kiwi tout grignoté

mer d'hiver
les tourbillons de flocons dans l'éclat du phare

nuages indolents
au lever du jour s'embrase le liquidambar

cabane en hiver
les doigts engourdis du vieux pêcheur

plage déserte
sur la lande fleurie le premier papillon

empreinte de pas vers l'océan
un cerf-volant

talus ensoleillés d'ajoncs
grues volant vers le nord

aube sereine
tout là-haut sur son nid la cigogne

vendredi 2 août 2019

LUMIERE BLEUE


Vision galactique

Une nébulosité bleue
d'origine inconnue
enlace la lune
un silence froid
ouvre la fenêtre
sur une écharpe azurée
les étoiles éclaboussées
s'éteignent une à une
un large écran bleuté
balaye la clarté lunaire
le satellite tuméfié
flotte anormalement
dans la nuit outremer
ne subsiste plus qu'une trace cobalt

"Création réalisée dans le cadre du Prix Ô, organisé par Short Edition".

Poème finaliste Sélection du jury et recommandé par Short Edition.
Le Prix Ô est un exercice de création littéraire organisé par Short Edition. Il est proposé aux participants de composer un, deux ou trois poèmes de 5, 14 ou 31 vers.
Le thème du prix : "Lumière bleue"

Pourquoi on a aimé ?

Que se passerait-il si notre bon vieux satellite était percuté par une comète ? Une image puissante, décrite avec douceur, et d'une originalité séduisante. Un poème cosmique !



L'heure bleue

plateau du Vercors
sous la brume vaporeuse
les arbres s'estompent

le regard fixé au loin
sur l'ombre bleue incertaine

Tanka (5 vers).


vendredi 7 juin 2019

PHOTO ... HAIKU

 Thème sur la sensibilité à la fois visuelle et poétique qui amène à la création des photos-haïkus ou haïshas.

Trois de mes haïkus publiés dans GONG/ Revue Francophone de Haïku - AVRIL/JUIN 2019 - N° 63.

***

Autoportrait
mon ombre convalescente
dans les feuilles mortes  

***

Au fil de l'eau
dans ma ligne de mire
le lavis des peupliers

***

Jour de grisaille
le rouge de ses bottes
dans mon objectif

***

Photo Françoise Deniaud-Lelièvre




mercredi 5 juin 2019

Pluie ...


silence après la pluie ~
l'écureuil furète au pied du chêne


Nuit venteuse ~
une pluie de pétales gît sous le rosier

dimanche 31 mars 2019

Mars au jardin ...

 
 
Visite de l'aube ~
rouge-gorge du jardin
en quête de ver
 
***
 
Recette du jour
une soupe vert tendre
~ orties du jardin
 
***
 
 
Soirée au jardin ~
chant de la rainette verte
en haut du laurier
 
***
 
 
Brindilles au bec
sur le muret du jardin
~ le geai des chênes
 
***
 
Le linge sur le fil ~
la première hirondelle
dans le ciel
 
***
 
Mars s'achève ~
au fond de la brouette
un tas de pétales
 
***
 
Nichoir sous la tonnelle ~
va et vient des mésanges
mousse dans le bec
 
***
 
Dernier jour de mars ~
sur le tronc du poirier
un pic épeiche
 
***


 


vendredi 8 février 2019

Ecouter la vie ... cueillir l'instant.




Vent froid d'hiver
le cri strident des oies sauvages

***

Plage d'hiver
 au-delà du brouillard la symphonie du ressac

***

Nuit de pleine lune
le chuintement de la chouette effraie

***

Dernier jour de janvier
la pluie pianote à la fenêtre

***

Sifflement de la bouilloire 
 le premier chant du coq

***

Le deux de février
la foulque réveille l'étang

***

Le merle scande le début du jour
fin de mon rêve

***






mercredi 12 décembre 2018

Le bruit de la pluie


Averse soudaine ~
de concert un bruit de clic
les parapluies s'ouvrent


Une goutte par-ci
une goutte par-là
~ la citerne se remplit


Fin des précipitations ~
la langue du chat lape l'eau


Dimanche à l'abri ~
dehors la pluie pianote sur la pergola


Alambic céleste ~
le thé infuse dans ma tasse


Mille doigts de pluie ~
les tables du pub pour clavier 


Le plic ploc des gouttes dans une flaque
~ des cercles éphémères





 

mercredi 28 novembre 2018

Blanc, sans le nommer

Un silence ~
juste la lumière de la neige

Flocons papillon ~
mon chemin familier disparait

Nuit calme ~
la neige reluit sous la pleine lune

Froid polaire ~
la neige monte comme du lait qui déborde

Le glacier glisse vers la mer ~
réchauffement climatique

Givre matinal ~
une dentelle perlée sur l'orbitèle

Ciel d'hiver ~
l'écureuil fouille sous la neige







dimanche 11 novembre 2018

Forêt automnale (Haïbun)










Les fougères rivalisent de beauté tout au long du chemin forestier. De l’or au brun, en passant par le jaune, toute la palette automnale entremêle ses pinceaux.

Les rayons du soleil luisent sur les ailes des libellules matinales. Le silence est d’or dans la forêt multicolore. Les baies de houx signent l’arrivée imminente de l’hiver, tandis que les amanites tue-mouches offrent aux limaces quelques lamelles orangées.



La forêt s’endort

dans son habit automnal

 ~ juste un cri de geai



Quelques feuilles mortes scintillent sur le sol, après la pluie de la nuit. A la faveur d’un faisceau lumineux, l’écorce de certains troncs s’éclaire et sort de l’ombre.

Les champignons de souche s’agglutinent dans un écrin de mousse et de lierre, on y trouve aussi des faînes de hêtre juste entr’ouvertes.

Je croise de nombreux cueilleurs de champignons, ils arpentent les sous-bois,  ou bien traversent les allées, panier au bras.

Une clairière envahie d’une guinche blonde, ondule sous la brise jusqu’à la lisière des bouleaux laiteux. Quel secret va-t-elle nous révéler ? La tête d’un chevreuil ou bien celle d’une biche …



Au pied du grand pin

petits bonds de l’écureuil

~  lutin roux des bois








mardi 14 août 2018

Parfum de provence ...




Un chapeau de paille qui penche
~ mon petit fils dans les myrtilles


Un nénuphar dans les nuages
~ parade nuptiale des libellules


La montagne si haute
~ le ciel encore plus bleu


Un volcan sur les nuages
~ danse estivale des tournesols


Canicule
~ juste le chant des cigales


Festival d'été
~ la buvette sous un ciel d'ombrelles rouges


Matin d'été
~ sur le mur blanc l'oeil de chat du gecko


Thé du matin sous la pergola
~ le premier chant d'une cigale


Premier jour d'août
~ au fond du sac un parfum de lavande


Sieste
~ juste quelques flaques de soleil sur le parquet


Deux dragons dans le ciel
~ sur l'azur deux nuages nucléaires


Terrasses à l'ombre des platanes
~ va et vient des pigeons à la fontaine





 

lundi 14 mai 2018

EMPREINTES ... Anthologie où haïkistes et illustrateurs ont pour commune ambition de laisser leur empreintes , traces d'art et de vie, pour mémoire ...


Je viens de recevoir "EMPREINTES", Livre-Revue du Collectif Vents de Haïku des Editions Graines de Vent, 2018. La maquette a été réalisée par Hélène Phung, merci à elle pour la qualité remarquable de son travail. Ce recueil est magnifique. Je suis très heureuse de participer à cette belle aventure au milieu d'autres haïkistes et illustrateurs de talent.
http://grainesdevent.jimdo.com/commande

Empreintes du temps
sous les assauts de l'hiver
~ lampions en dentelle

Sur le fond des vagues
traces étoilées de la mouette
~ le marais s'endort

...

jeudi 15 mars 2018

Partition du silence (Haïbun)

La bise fait tourner la girouette au nord-est. D'abord de petits flocons dégringolent. Mais comme le gel persiste depuis plusieurs jours,

les mangeoires,
les toits,
les murs de pierre,
commencent à blanchir.

Le manteau de l'hiver s'épaissit d'heure en heure.

Au bord du silence
flocons au bout de son bec
~ le Tarin des aulnes

Puis la neige tombe drue. L'allée déroule son tapis blanc sur les graviers.
Le pommier d'amour joue au sapin de Noël, avec ses boules rouges et sa poudre blanche.

Un glaçant vacarme
près des mangeoires vidées
~ la neige griffée

Bien emmitouflée, je fais quelques pas dehors, je traverse l'allée immaculée jusqu'à la boîte aux lettres. J'ouvre le vieux portail noir endimanché de magnifiques monticules blancs. Pas de courrier, je reviens en marchant dans l'empreinte de mes pas.

Le long de l'allée
mes pas font craquer la neige
~ jouissance subtile

Je tape mes pieds sur le seuil de la maison. Une douce chaleur m'enveloppe dès la porte franchie. J'entends le vent qui pleure dans la cheminée. Sur le mur, je regarde les photos de mes petits enfants glissant joyeusement sur le toboggan vert du jardin. Dehors, le soleil monte dans le ciel,  la réverbération est si aveuglante, qu'elle me fait cligner des yeux.

Un souffle soulève
la partition du silence
~ flocons papillon






jeudi 15 février 2018

Sur l'estran (Haïbun *)


Pour découvrir des bas-reliefs sur le sable, ces œuvres éphémères de nos plages bretonnes,  il  faut marcher là où la mer s’en est allée. Elle s’éloigne seulement après avoir enfanté une forêt de sable fin.

Les arbres de vie

se dévoilent sur l’estran

~ houle messagère

Mais quand elle revient crocheter son écume, elle efface  vague après vague, puis enroule son parchemin.

Et  là tout près,  c’est l’entrée en piste du ballet des bécasseaux Sanderling. Dans un étonnant va et vient, leurs pattes graciles s’agitent au rythme du ressac. Les ballerines blanches dansent et ondulent au gré des vaguelettes.

Au même instant, le chant des huîtriers pie traverse le ciel, dans un éclair bicolore de noir et blanc.
 
*  Le haïbun est une composition littéraire dans laquelle prose et haïku se mêlent en une brêve narration poétique d'une expérience réelle ou imaginaire.


vendredi 5 janvier 2018

Premier jour de l'an en Bretagne, avec la tempête "Carmen"



La nuit en secret
les vagues embrassent la terre
~ premier jour de l'an


Premier jour de l'an ~
dans la roulotte les vagues
bercées par Carmen


L'écume des vagues
gît en ruban dentelé
~ au bord de l'hiver